Chez Greenly, l’IA sert à préparer et accélérer, pas à décider. La scale-up a bouclé une levée de 50 M€ en 2024 et une fusion avec Normative, tout en s’appuyant sur son cabinet. En face, Marvell outille ses équipes avec un assistant IA centré sur la confidentialité, sans renoncer au rôle d’arbitre des risques et des priorités contractuelles.
Des opérations majeures menées avec conseil externe
La collaboration entre Greenly et le cabinet Marvell s'est construite progressivement. Après un premier dossier simple, Marvell a accompagné Greenly lors d'une levée de fonds de 50 millions d'euros en 2024. Cette relation s'est poursuivie jusqu'à la fusion avec Normative, un concurrent majeur dans les pays nordiques, conclue durant l'été avec l'intervention de Charlotte Riberprey. Greenly, dirigée par Laetitia Carle et présente à Paris, Londres, Stockholm et New York, s'appuie sur des avocates associées pour sécuriser ses opérations de croissance.
Côté dirigeant, l’IA pour défricher, pas pour trancher
Laetitia Carle utilise l'intelligence artificielle pour explorer des sujets juridiques ou accélérer certaines tâches, mais ne s'appuie pas sur ces outils pour prendre des décisions importantes. Elle ne sollicite pas systématiquement ses avocats pour la signature d'accords de confidentialité, qu'elle estime maîtriser, et réserve les consultations aux questions qui le nécessitent. L'IA lui permet également de mieux préparer ses échanges avec ses conseils, en arrivant plus informée pour discuter. À la tête d'une équipe de 250 personnes, elle envisage de développer un agent IA interne pour aider les équipes commerciales à distinguer les clauses négociables en autonomie de celles qui requièrent une validation juridique.
L’IA qui transforme le business ?
Stratégies, mouvements et levées IA décryptés, chaque soir en 5 min. Gratuit.
Inclus dès l'inscription : notre sélection des meilleurs guides & comparatifs IA.
Choisissez votre rythme
Gratuit · Pas de spam · Désabonnement en 1 clic
Côté cabinet, un assistant IA focalisé sur la confidentialité
Marvell a participé au développement de Come On Law, un assistant d'intelligence artificielle destiné aux avocats, avec une attention particulière portée à la confidentialité des requêtes. Cet outil fonctionne dans un environnement documentaire partagé, similaire à un Drive. Pour Marvell, l'IA est un moyen d'appuyer l'expertise du cabinet, les clients recherchant avant tout une mission à forte valeur ajoutée ou la signature d'un avocat, quelle que soit la méthode employée. Cette approche se manifeste notamment lors de levées de fonds ou d'acquisitions, où il s'agit d'aider le dirigeant à comprendre ce qu'il accepte et ce qu'il risque, en tenant compte de la situation de l'entreprise, de ses moyens et de son stade de développement, et d'arbitrer les clauses qui méritent d'être défendues.
Coûts, arbitrages et limites d’une approche minimaliste
Pour certaines startups, le coût des honoraires d'avocat constitue un investissement difficile à supporter, ce qui peut les amener à opter pour une solution minimale et à différer la mise à niveau juridique. Charlotte Riberprey qualifie cette méthode d’option « cheap and dirty », qui revient à repousser le traitement des questions juridiques et à confier ensuite la régularisation aux avocats. Selon elle, le risque principal est de sous-estimer les conséquences de ce choix, comme laisser passer un point déterminant dans un contrat. Un accompagnement insuffisant peut avoir des effets importants, tandis qu'un bon conseil ne consiste pas à accumuler les précautions au point de bloquer toute décision. Si les outils d'IA permettent de générer des analyses rapidement et modifient les réflexes des dirigeants, l'accès facilité à l'information et la perception d'un droit autrefois réservé aux experts ne suppriment pas la nécessité d'un accompagnement juridique de qualité.




