Brief IA : IA détestée, IA utilisée : sondages et adoption massive

IA détestée, IA utilisée : sondages et adoption massive

Brief IA
Tom Levy·3 min·1 vues

Plus de 2 100 projets de loi sur l’IA sont recensés aux États-Unis Les sondages révèlent une inquiétude globale et une opposition locale marquée L’usage des chatbots et outils d’IA générative atteint des niveaux records.

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En bref
1Plus de 2 100 projets de loi sur l’IA sont recensés aux États-Unis
2Les sondages révèlent une inquiétude globale et une opposition locale marquée
3L’usage des chatbots et outils d’IA générative atteint des niveaux records
4Des dirigeants de startups estiment les LLM inévitables mais orientables
💡Pourquoi c'est important — L’essor de l’IA s’accompagne d’une défiance croissante, mais aussi de nouveaux leviers d’action pour les utilisateurs et les pouvoirs publics.
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L'analyse en français

Les enquêtes se multiplient : inquiétude diffuse, hostilité aux centres de données et popularité en berne. Dans le même temps, les chiffres d’usage des chatbots atteignent des sommets. Aux États‑Unis, l’offensive réglementaire s’accélère et l’offre open source progresse, pendant que des dirigeants de startups jugent les LLM inévitables mais perfectibles.

Aux États-Unis, plus de 2 100 textes et un mouvement démultiplié en trois ans

L’ensemble des 50 États américains a soit mis en place, soit soumis des textes législatifs concernant le développement et l’utilisation de l’IA. Ce réseau législatif totalise plus de 2 100 propositions de loi à travers le pays, avec un nombre d’initiatives multiplié par dix en l’espace de trois ans. Parallèlement au volet réglementaire, des alternatives open source de premier plan existent déjà face à Google, OpenAI et Anthropic. Elles laissent entrevoir, au moins pour l’instant, davantage de choix pour les utilisateurs et une pression concurrentielle accrue.

Hostilité locale et inquiétude globale mesurées par les sondages

Selon l’Université de Stanford, plus de la moitié des personnes dans le monde déclarent que les produits et services d’IA les rendent nerveux. Aux États‑Unis, un sondage Gallup réalisé en mai montre que 71 % des adultes s’opposeraient à la construction d’un nouveau centre de données d’IA dans leur zone, une proportion supérieure aux 53 % opposés à une nouvelle centrale nucléaire. En mars, un sondage NBC indique que l’IA est moins populaire que l’ICE. Selon le Pew Research Center, davantage d’adultes américains estiment que l’IA aura un effet négatif sur eux et sur la société qu’un effet positif, avec un pessimisme particulièrement marqué chez les jeunes.

Usage des chatbots en plein essor, des États-Unis à l’OCDE

ChatGPT a atteint un milliard d’utilisateurs mensuels en mai, d’après Sensor Tower. Google DeepMind avec Gemini comptait 950 millions d’utilisateurs en juillet. D’après Pew, un adulte sur deux aux États‑Unis utilise désormais un chatbot, soit plus du double par rapport à 2023, et un sur quatre indique s’en servir quotidiennement. Au niveau international, plus d’un adulte sur trois dans les 38 pays membres de l’OCDE déclare avoir eu recours à des outils d’IA générative au cours des trois derniers mois.

Un contraste Nord/Sud et le poids des entreprises

L’adoption est la plus élevée dans le Nord global, où le pessimisme est aussi plus prononcé, tandis que le Sud global, où l’adoption est moindre, se montre plus optimiste. Des entreprises d’une valorisation de plusieurs billions de dollars sont difficiles à faire évoluer. Par ailleurs, nombre d’acteurs promeuvent l’idée que l’IA inaugure la plus grande transformation sociale et économique depuis des générations, et une partie du rejet exprimé vise l’insistance des entreprises à imposer l’IA dans de multiples usages.

De la dépendance des réseaux sociaux à l’orientation des LLM

Par le passé, des milliards d’utilisateurs ont afflué sur Facebook et Twitter malgré une insatisfaction croissante envers les entreprises, et la recherche Google a connu une dynamique comparable. Sur les réseaux sociaux, partir signifiait perdre son contenu et ses connexions, ce qui créait un coût de sortie élevé. Dans le cas de l’IA, il reste toutefois des marges d’influence pour les usagers et les pouvoirs publics. Pendant l’été, le PDG de Springboards a défendu l’idée qu’il n’y a pas de retour en arrière avec les LLM, mais que l’on peut les orienter vers autre chose. Sa startup développe un LLM visant une plus grande variété de réponses que les modèles grand public, tout en assumant une forme d’ambivalence à l’égard de l’IA.

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