La banque bloque déjà, autant que possible, l’accès de bots tiers à ses systèmes et n’entend pas les laisser entrer. Jamie Dimon évoque des risques accrus et un transfert de responsabilité vers les clients, tandis que des contrôles internes ont été durcis. Les marchés testent l’hypothèse de fuites de dépôts depuis le lancement de Muse de Meta, même si JPMorgan dit n’observer qu’une faible réaction.
Sur les marchés, la crainte de fuites de dépôts après Muse
Torsten Sløk, chef économiste d’Apollo, a avancé fin septembre que des agents IA pourraient déplacer des dépôts des comptes faiblement rémunérés vers des livrets à haut rendement. Depuis le lancement de Muse de Meta le 22 septembre, les actions bancaires ont encore reculé, et Jeremy Barnum indique avoir constaté une petite réaction des valeurs bancaires autour de ces lancements.
Accès externe bloqué et dispositifs internes serrés
JPMorgan bloque déjà l’accès des agents IA externes dans la mesure du possible, selon son directeur financier Jeremy Barnum. Il précise que certains services reposent sur le partage d’identifiants et le screen scraping, une méthode que la banque combat de longue date car elle n’est pas sécurisée. Jamie Dimon annonce que la banque ne permettra pas à des agents externes d’accéder à ses systèmes en raison des risques pour les clients et pour l’établissement. En interne, les contrôles sur les agents utilisés par les employés ont été renforcés, avec notamment des restrictions d’accès pour l’IA Claude d’Anthropic sur certains systèmes. Ces déclarations ont été faites lors d’un appel sur les résultats financiers un mardi.
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Agents renégats, identifiants partagés et responsabilité client
Pour Jamie Dimon, la sécurité est la principale préoccupation pour les clients qui adoptent des agents IA. Il prévient que la banque se protégera contre les agents dits renégats en en excluant la plupart, et que les inquiétudes habituelles liées à une nouvelle technologie sont accentuées dans ce cas, évoquant la possibilité de milliers d’agents indésirables. Contrairement aux chatbots limités aux réponses, ces agents agissent au nom des utilisateurs, une catégorie qui s’est popularisée après l’introduction de Muse par Meta. Dimon souligne que les utilisateurs doivent être conscients des risques, notamment le transfert de responsabilité loin de la banque et la possibilité d’une mauvaise utilisation des données. Jeremy Barnum ajoute que si un client transmet ses identifiants à un agent IA, il pourrait être tenu responsable d’actions indésirables effectuées par celui-ci. Les clients ne doivent donc pas s’attendre à ce que leurs agents personnels accèdent prochainement à leurs comptes.
Des agents maison en développement et une stratégie face aux fintechs
JPMorgan développe ses propres outils d’agents destinés à ses clients, tout en travaillant à établir une parité avec les acteurs fintech. Jeremy Barnum estime que le réseau d’agences physiques constitue une forme de défense contre l’intrusion des nouveaux entrants et rappelle que la concurrence des fintechs n’a rien de neuf, sans que la banque s’y montre pour autant complaisante. Sur la question des comptes à intérêt élevé, Barnum explique que la priorité est la part de marché sur la relation bancaire principale plutôt que la chasse au rendement. Le compte d’épargne standard de Chase offre un rendement annuel de 0,01 %, alors que d’autres offres sur le marché atteignent 4 %. La banque réserve des produits de trésorerie mieux rémunérés à ses clients de gestion de patrimoine. Barnum relie enfin les inquiétudes actuelles à des tendances existantes de flux à la recherche de rendement et à la pression concurrentielle des fintechs.


