Une majorité de cadres anticipent de superviser davantage d’agents d’IA que de collaborateurs d’ici un an, tout en redoutant de perdre la main sur leurs actions. En parallèle, les piles logicielles grossissent au lieu de se simplifier et l’évaluation des performances s’opacifie. Un sondage Nielsen mené auprès de 1 700 managers dans sept pays pour Monday.com dresse un tableau où la gouvernance prend le pas sur la simple quête de productivité.
Les agents d’IA bousculent la supervision et font peser un risque de responsabilité
58 % des managers s’attendent à encadrer plus d’agents d’IA que de salariés dans l’année qui vient. Dans ce contexte, 46 % craignent de perdre le contrôle sur les actions de ces systèmes et 35 % redoutent d’être tenus responsables de leurs décisions, alors que les modèles de langage restent largement imprévisibles. Les managers ne souhaitent pas des agents entièrement autonomes : ils veulent que les humains soient impliqués et consultés par l’IA sur les tâches et décisions cruciales. Concrètement, il faut décider quelles missions confier aux agents, vérifier leurs productions et intervenir en cas de dérive, une supervision qui ajoute une couche de travail invisible.
La multiplication des outils déjoue les espoirs de rationalisation
Selon 57 % des managers, le nombre d’outils disponibles a augmenté par rapport à la période précédente, tandis qu’environ 51 % estiment que leurs logiciels sont devenus plus interconnectés et intégrés depuis l’introduction de l’IA. Seulement 29 % indiquent disposer d’une infrastructure d’IA à la fois centralisée et totalement optimisée. Les entreprises pensaient que l’IA contribuerait à réduire leurs piles logicielles ; au contraire, elles font face à plus d’applications, d’intégrations et à de l’IA non approuvée adoptée en dehors des systèmes validés. À la fin de 2025, les managers visaient une consolidation, mais le nombre d’outils a augmenté : plus de 50 % disent utiliser davantage d’outils qu’un an plus tôt, et la tendance se poursuit.
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Évaluer avec l’IA : efficacité recherchée, risques de biais confirmés
46 % des managers s’appuient sur l’IA pour les décisions et 39 % des dirigeants l’emploient pour rédiger des évaluations de performance. 78 % ont modifié leurs grilles d’évaluation en valorisant la maîtrise des prompts, la capacité à déléguer à l’IA et l’expérimentation de nouveaux modes de travail. Mais l’usage d’IA pour noter les personnes peut introduire des biais : des travaux de l’Institut luxembourgeois de recherche socio-économique montrent que, sans normes objectives et lors d’évaluations indépendantes, les LLM notent de façon proche des humains, et un article paru début 2025 pointe des biais contre des candidats noirs, variables selon les groupes. Les entreprises n’ont pas encore trouvé comment gérer ces enjeux, alors que plus de 50 % des dirigeants disent éprouver davantage de difficultés à juger le travail depuis l’IA et que près de 50 % consacrent plus de temps au contrôle et à l’orientation des livrables, souvent reçus déjà très « polis ».
Un fort appétit pour l’IA, freiné par l’écart d’adaptation des organisations
94 % des managers se disent enthousiastes et beaucoup estiment savoir où l’IA crée le plus de valeur. Chez Monday.com, Michal Miller Levi compare cet engouement à celui des années 2000 autour d’Internet, tout en soulignant que l’IA avance plus vite que les processus internes. Si l’outil profite individuellement aux managers, leur rôle de pilotage organisationnel pâtit d’un manque d’adaptation. Les entreprises déploient des solutions d’IA pour gagner en productivité, mais les difficultés de terrain s’accumulent, comme le révèle une enquête Nielsen auprès de 1 700 responsables dans sept pays, commandée par Monday.com. L’adoption de l’IA se révèle ainsi un enjeu de gouvernance autant qu’un levier d’efficacité, et sans processus ni infrastructures adaptés, les managers peinent à tenir le cap.





