Brief IA : Meta freine Project OT : coupes limitées et cellules IA maintenues

Meta freine Project OT : coupes limitées et cellules IA maintenues

Brief IA
Tom Levy·3 min·1 vues

Meta a décidé de stopper la version la plus agressive de son Project OT après une première vague de réductions d'effectifs de 10 %. Malgré une augmentation de 220 % des modifications de code, les fonctionnalités visibles n'ont progressé que de 36 %, entraînant une chute du moral interne et des tensions au sein des équipes.

En bref
1Meta a lancé Project OT pour transformer l'entreprise autour d'agents d'IA et de petites équipes
2Après une première vague supprimant environ 10 % des postes, la seconde a été annulée
3Les modifications de code ont augmenté de 220 %, mais les fonctionnalités visibles n'ont progressé que de 36 %, et le moral interne a chuté
💡Pourquoi c'est importantLe projet illustre les limites actuelles de l'automatisation par l'IA dans une grande entreprise technologique, tant sur le plan opérationnel que social.
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L'analyse en français

Meta a stoppé la version la plus agressive de sa transformation « AI native » après une première salve de réductions d'effectifs. Des données internes pointent un décalage entre l'explosion des changements de code et les gains visibles, sur fond de chute du moral et de tensions internes. Des équipes réduites fonctionnent encore, sans promesse de licenciements généralisés cette année.

La version maximaliste retirée, des cellules réduites restent actives

Meta n'a abandonné que la version la plus ambitieuse de sa réorganisation. Des cellules de petite taille continuent d'opérer dans plusieurs unités. L'engagement public du dirigeant se limite à l'absence de licenciements généralisés cette année. En juillet, Mark Zuckerberg a reconnu que les agents d'IA progressaient moins vite que prévu.

Beaucoup plus de code, peu de fonctionnalités supplémentaires

En un an, les modifications de code sur les plateformes de Meta ont augmenté de 220 %, mais les changements aboutissant à des nouveautés visibles pour les utilisateurs n'ont progressé que de 36 %. Dès mars, des équipes d'infrastructure ont signalé des problèmes de fiabilité liés à l'afflux de code généré.

Un climat social dégradé et des outils internes mis en pause

Le baromètre interne semestriel est passé de 74 % à 55 % d'opinions favorables. De nombreux employés ont partagé des photos d'éléphants sur Workplace afin de tourner en dérision les licenciements qui n'avaient pas été officialisés. L'outil interne qui servait à enregistrer les frappes au clavier et les mouvements de souris pour former les agents a été suspendu, et certains ingénieurs qui avaient été déplacés contre leur gré ont pu retrouver leur équipe d'origine.

Des coupes en deux temps revues à la dernière minute

La réorganisation était prévue en deux vagues, en mai puis en novembre. Le 19 mai au soir, la seconde vague a été annulée, mais la première a tout de même supprimé environ 10 % des postes le lendemain. La raison de ce revirement n'a pas été établie. Quelques mois auparavant, la direction avait envisagé des suppressions allant jusqu'à 20 % des effectifs.

Objectif AI native et nouvelles structures d'équipes

Meta a confirmé l'existence de Project OT, pour Organization Transformation, tout en en relativisant la portée. Le projet visait à faire de l'entreprise une structure AI native, avec des agents d'IA prenant en charge une partie du travail quotidien. Un guide interne proposait de remplacer les équipes de 10 à 20 spécialistes par des groupes de 3 à 5 personnes, ainsi que de regrouper les intitulés de poste sous une fonction de bâtisseur. Les plans de réorganisation envisageaient des diminutions pouvant atteindre 60 % des effectifs dans certaines équipes, par le biais de licenciements, de gel de recrutements et de départs de salariés considérés comme peu performants, tout en précisant chez Meta que ces taux ne concernaient que des équipes spécifiques. Ce projet a vu le jour en janvier lors d'une retraite de dirigeants à Hawaï et a fait l'objet de plusieurs dizaines de documents internes ainsi que de plus de vingt témoignages. Un cas similaire a été observé chez Klarna, qui avait attribué la gestion de son service client à un chatbot avant de réembaucher du personnel humain en 2025, son PDG ayant admis avoir sous-évalué les risques.

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