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Un sondage mené mi-septembre mesure une inquiétude élevée en France face aux scénarios d'extinction liés à l'IA et un appétit pour un coup d'arrêt des systèmes les plus puissants. Des prises de position politiques, des mobilisations et des différences selon l’âge et le genre structurent les réponses.
Démissions, mobilisations et un risque d’anéantissement évoqué
Le 8 septembre, le chercheur Jacob Coxon a quitté Anthropic en dénonçant un développement de l’IA hors de contrôle. Le 21 septembre, des militants de PauseAI ont porté ces alertes devant le Parlement européen à Bruxelles. Didier Coeurnelle, coordinateur de PauseAI Belgique, a mentionné une estimation attribuée à Anthropic selon laquelle le risque d’extinction de l’humanité lié à l’IA dépasserait 10 %. À la fin du mois de juillet, plus de 1 200 employés issus de grands laboratoires américains avaient réclamé une coordination internationale ainsi qu’un ralentissement concernant les systèmes les plus avancés. Vers la mi-septembre, Dario Amodei a renouvelé cette demande, avec le soutien de Sam Altman et Elon Musk.
Usage encore limité et lecture critique d’un expert
En dehors de l’Espagne, au moins un tiers des adultes de chaque pays utilisent rarement ou jamais l’IA. En France, 22 % des répondants n’y recourent jamais et 14,2 % l’emploient moins de quelques fois par mois. Neil Chilson, responsable des politiques d’IA de l’Abundance Institute, voit dans ces résultats un schéma classique de panique technologique et estime que, pour l’instant, la peur l’emporte sur l’expérience, laquelle devrait progresser. Chez les 18-24 ans, seuls 4,8 % n’utilisent jamais l’IA, mais 55,3 % demandent malgré tout une pause, plus que dans toute autre tranche d’âge.
Pause ou poursuite : la France partagée, des écarts selon le vote et le genre
Ursula von der Leyen a soutenu un ralentissement du développement de l’IA lors de son discours annuel au Parlement européen. En France, 48,3 % souhaitent suspendre les modèles les plus avancés, tandis que 33,4 % préfèrent poursuivre leur développement pour en tirer des avantages. Les électeurs du Nouveau Front populaire sont 55,8 % à réclamer ce coup d’arrêt, contre 50,6 % chez Ensemble et 48,4 % au Rassemblement national. Face à l’enjeu de compétitivité, 42,6 % acceptent que la France prenne du retard pour une IA plus responsable et plus sûre, quand 40,2 % refusent tout décrochage. Les hommes sont 50,3 % à défendre cette dernière option, contre 31 % des femmes. Au Royaume-Uni et au Canada, environ 53 % des répondants privilégient l’option d’accepter un retard pour plus de sûreté.
Un risque existentiel jugé plausible par une majorité
Plus de six Français sur dix considèrent qu’une IA avancée pose au moins un risque modéré de destruction de l’humanité. Parmi les six pays étudiés, les Allemands et les Espagnols sont nettement moins nombreux à partager cette perception. En France, 62,3 % estiment le risque au moins modéré, dont 26,6 % pour un risque modéré, 23,5 % pour un risque important et 12,2 % pour un scénario quasi certain ; 6,3 % écartent tout danger. Interrogés sur la sincérité des alertes internes aux laboratoires, 49,2 % jugent qu’elles sont portées de bonne foi, tandis que 25,4 % y voient un coup marketing ; chez les 25-34 ans, 34,2 % partagent ce soupçon.
Méthode : enquête en ligne mi-septembre sur plus de 2 000 adultes par pays
Le terrain s’est déroulé en ligne entre le 13 et le 15 septembre. En France, 2 094 adultes ont été interrogés. Dans chacun des cinq autres pays sondés, plus de 2 000 adultes ont également répondu.




