En visite en France, en Suède, au Royaume‑Uni et en Allemagne avant GTC Berlin, le patron de Nvidia martèle que l’Union avance trop lentement et se repose trop sur la règle. Face à Friedrich Merz, il plaide pour une industrie de l’IA locale, une régulation centrée sur les applications et une exécution rapide. Le chancelier allemand défend, lui, un équilibre entre innovation et contraintes, alors que le pays a connu des récessions en 2023 et 2024.
Risque affirmé : l’innovation irait ailleurs si l’UE temporise
Jensen Huang avertit que si l’Europe passe trop de temps à débattre de la régulation de l’IA, l’innovation majeure pourrait se produire ailleurs. L’Europe dispose déjà d’un cadre général, en particulier avec le Règlement sur l’IA de l’Union européenne. De leur côté, les États-Unis et la Chine sont perçus comme ayant pris une longueur d’avance dans la création de modèles avancés et la mise en place de l’infrastructure requise pour leur entraînement. Nvidia occupe une position dominante sur le marché des puces avancées qui soutiennent la croissance rapide de l’IA, et la société a tout intérêt à voir les gouvernements et les entreprises accélérer la mise en place d’infrastructures et le déploiement de cette technologie.
Ce que Huang veut réguler : les applications, pas la technologie
Interrogé sur la régulation, Jensen Huang affirme que la sécurité doit rester prioritaire. Il recommande de concentrer la régulation sur les applications d’IA, à l’image de ce qui se fait pour les produits utilisant Internet, plutôt que de viser la technologie sous-jacente dans son ensemble. Il prévient que la seule régulation ne suffit pas à atteindre un leadership technologique. Selon lui, il est essentiel de permettre à une industrie de l’IA nationale de prospérer, tout en assurant un développement sûr et responsable, car sans industrie florissante, il n’y aurait rien à réguler.
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Réponse allemande et pari industriel dans une économie en récession
Friedrich Merz estime que l’Europe doit encore trouver le juste équilibre entre innovation et réglementation, refusant à la fois l’absence totale de règles et l’excès de contraintes. Avec Jensen Huang, il présente l’IA comme une solution potentielle à la morosité économique, alors que l’Allemagne a connu des récessions en 2023 et 2024. Huang met en avant les atouts industriels du pays, comme la fabrication, l’ingénierie et le savoir-faire, et considère que l’IA peut transformer ces ressources en avantage dans la prochaine phase technologique, qu’il décrit comme « physique » : robotique, usines, automobile et industrie lourde. Il résume son appel par : « Donnez une chance à l’Allemagne. Donnez une chance à cette industrie. »
Une tournée express pour porter le message à travers l’Europe
Avant l’ouverture de GTC à Berlin mardi, Jensen Huang a parcouru en sept jours la France, la Suède, le Royaume‑Uni et l’Allemagne. Lundi soir, il a tenu une conversation publique avec Friedrich Merz. Tout au long de ce voyage, il a exhorté l’Europe à accélérer dans l’IA, à être moins prudente et moins dépendante de la réglementation, appelant les dirigeants à faire preuve d’audace sous peine de perdre la course.
Focus Royaume‑Uni : « vous réfléchissez trop » et culture de l’échec pointée
À Londres quelques jours plus tôt, Jensen Huang a évoqué un « comportement général étrange » au Royaume‑Uni. Il critique une tendance à s’attarder sur l’échec malgré de nombreux atouts, citant les talents, la culture, la jeunesse et l’énergie du pays. Selon lui, même face à « un million de raisons de gagner », on y chercherait « la seule raison de ne pas le faire ». Il a répété à cette occasion : « Je pense que vous réfléchissez trop. »






