Des comités pro et anti-industrie ont injecté des millions dans les mi-mandat américains pour peser sur la régulation de l’IA. Les résultats sont contrastés, tandis que la bataille entre cadre fédéral unique et pouvoirs des États se poursuit. Leading the Future prévoit déjà des dépenses jusqu’en 2028, avec un net tropisme pour les primaires.
Cadre national ou lois d’États : le clivage persiste et se projette en 2028
Le principal point de désaccord oppose les partisans d’un cadre national unique pour l’IA à ceux qui souhaitent que les États conservent la possibilité d’imposer leurs propres protections. Leading the Future soutient l’instauration d’un cadre fédéral et prévoit de poursuivre ses investissements lors des élections de 2028. Guardrails Alliance, de son côté, entend continuer à s’opposer aux candidats soutenus par l’industrie de l’IA. Aucun des deux camps ne semble prêt à changer de stratégie.
Primaires privilégiées : 27,38 M$ engagés et critères de sélection des courses
Leading the Future considère les primaires comme l’usage le plus efficace de ses ressources, estimant qu’elles permettent d’accroître la notoriété des candidats et de promouvoir des agendas sur l’IA. Le groupe a investi 27,38 millions de dollars lors de ces scrutins, dont 8 millions pour s’opposer à Alex Bores, qui a perdu sa candidature au Congrès en juin. Pour décider d’intervenir lors d’une élection générale, le groupe affirme évaluer la compétitivité de la course, l’impact potentiel de ses dépenses et la nécessité de préserver ses ressources pour de futurs scrutins. Charlie Blaettler, directeur politique de Guardrails Alliance, avance que Leading the Future limite ses dépenses en élection générale pour éviter que l’argent ne devienne un sujet de polémique, citant la primaire du Michigan où près de 30 millions de dollars dépensés par AIPAC n’ont pas empêché Haley Stevens de concéder à Abdul El-Sayed, qui a ensuite remporté le siège au Sénat.
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Résultats partagés : défaites notables malgré des montants élevés
Malgré des millions de dollars engagés, plusieurs candidats soutenus par les PACs liés à l’IA ont été battus. American Mission et Building the Future ont dépensé 4,8 millions de dollars pour soutenir Darline Graham au Sénat en Caroline du Sud, sans succès. American Mission a également investi plus de 500 000 dollars chacun pour appuyer Aaron Flint dans le Montana et Laurie Buckhout en Caroline du Nord, qui ont tous deux perdu. Think Big, le bras démocrate de Leading the Future, a soutenu la réélection de Jared Moskowitz en Floride, qui a été reconduit. Du côté des groupes plaidant pour une régulation plus stricte, Public First, soutenu par Anthropic, a vu plusieurs de ses candidats républicains échouer via son PAC affilié, mais a obtenu de meilleurs résultats avec des démocrates et a versé 3 millions de dollars à un PAC soutenant Scott Wiener, qui était en tête au moment de la publication. Guardrails Alliance a dépensé plus d’un million de dollars chacun pour s’opposer à Jimmy Gomez en Californie et à Aaron Flint dans le Montana, tous deux battus, et 300 000 dollars pour soutenir Angela Gonzales-Torres, qui a remporté sa course contre Gomez. Il demeure complexe d’isoler l’impact spécifique des financements liés à l’IA de la tendance plus générale observée en faveur des démocrates lors de ce scrutin. Par ailleurs, Elon Musk aurait apporté un soutien financier de 500 millions de dollars aux républicains, dont un grand nombre de candidats n’ont pas été élus. Selon Leading the Future, certains candidats considérés comme favoris et soutenus par l’organisation ont été battus par des démocrates.
Qui dit quoi dans les spots : l’IA éludée d’un côté, dénoncée de l’autre
Charlie Blaettler, directeur politique de Guardrails Alliance, indique que les publicités de Leading the Future abordent rarement l’IA, préférant mettre en avant des thèmes populaires propres à chaque candidat. À l’inverse, celles de Guardrails Alliance mettent l’accent sur les financements issus de l’industrie de l’IA, avec pour objectif de rendre cet argent politiquement toxique. Cette stratégie s’inscrit dans la volonté de Guardrails Alliance de faire de l’acceptation de fonds d’entreprises d’IA une responsabilité politique. Parallèlement, American Mission agit comme le bras républicain de Leading the Future, un groupe soutenu notamment par Greg Brockman et Andreessen Horowitz.






