La numérisation de la santé avance entre règles strictes et promesses techniques. Des plateformes testent des agents d’IA clinique, tandis que la pharmacologie poursuit les GLP-1 avec retatrutide d’Eli Lilly, encore en essai mais déjà objet de convoitises hors circuit. Deux fronts d’une même compétition pour la prochaine génération de soins.
Dans la santé, l’IA progresse sous fortes contraintes et arbitrages
La confidentialité, la réglementation et les enjeux élevés propres au secteur de la santé imposent un équilibre délicat à l’adoption de l’intelligence artificielle. Le décalage entre la maîtrise des données et l’expertise sectorielle se retrouve dans d’autres industries, ce qui contribue à la valeur stratégique des données. Cette tension nourrit une compétition entre entreprises de santé et géants technologiques cherchant à utiliser l’IA pour mieux servir leurs clients. OpenAI, par exemple, s’appuie sur un expert médical pour l’aider à naviguer les spécificités du domaine. Les entreprises issues de l’IA disposent souvent d’infrastructures techniques puissantes, mais peuvent manquer d’expertise clinique approfondie.
Ro met en avant un agent d’IA clinique fondé sur les données patients
Des entreprises comme Ro bénéficient d’une expertise dans le domaine de la santé et d’un accès facilité aux données des patients, mais reconnaissent parfois un manque de savoir-faire technique par rapport aux spécialistes de l’IA. Le PDG de Ro, Zach Reitano, présente un agent d’IA capable d’utiliser des informations issues de prescriptions ou de dispositifs connectés. Cet outil peut formuler des suggestions de santé, notamment proposer des ajustements de doses ou de calendriers de médicaments pour réduire les effets secondaires.
L’IA appliquée, concrètement ?
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Retatrutide : essais en cours, pertes de poids rapportées et marché gris
Sur le plan thérapeutique, retatrutide, un injectable de nouvelle génération développé par Eli Lilly, est encore en phase d’essai clinique et en attente d’approbation réglementaire. Ce médicament a été testé face à Ozempic chez des patients atteints de diabète de type 2 : ceux traités par retatrutide ont perdu en moyenne plus de 21 kg sur 16 mois, contre 9,5 kg pour ceux sous dose maximale d’Ozempic sur la même période. Surnommé par certains « King Kong » ou « triple G » car il imite trois hormones différentes, retatrutide pourrait, selon certains, permettre une perte de poids comparable à celle de la chirurgie bariatrique. Bien qu’encore en essai, le marché gris est déjà inondé de versions contrefaites, particulièrement recherchées par des amateurs de fitness qui vantent leur capacité à réduire rapidement la graisse. Les médicaments GLP-1, dont fait partie retatrutide, sont connus pour réduire l’appétit et ralentir la digestion. Eli Lilly considère ce candidat comme particulièrement prometteur.



